"Par le biais du suicide, l'individu ne cherche pas nécessairement la mort, mais une manière de mettre fin à une souffrance qui a atteint un niveau insupportable. Le suicide apparaît souvent comme le seul recours qui demeure, la seule possibilité que l'individu en souffrance perçoit et à laquelle il porte de plus en plus attention ; le suicide ne résulte pas d'un choix, mais au contraire d'un manque de choix"
Les idées reçues autour du suicide sont nombreuses; Ceux qui en parlent ne le font pas, le geste suicidaire est signe de lâcheté ou de courage, suicidaire un jour suicidaire toujours... Je vous propose de vous arrêter sur : Le geste suicidaire résulte d'un choix. Je vais appuyer mon propos sur la citation qui se trouve juste en dessus.
En effet, nous trouvons actuellement bon nombre de moyens de soutien pour les personnes en détresse. Il y a des numéros à appeler, la main tendue au 143, la ligne d'aide aux enfants et aux jeunes au 147, il y a aussi pour les jeunes le site internet http://www.ciao.ch (des professionnels leur répondent avec un certain délais), il y a des lieux ou s'adresser notamment, notre médecin traitant et aux hôpitaux. D'ailleurs, plusieurs hôpitaux ont une section spécialisée pour le suicide chez les jeunes, il y a des services d'urgence. Enfin nous pouvons constater qu'il y a une multitude de personnes prêtent à aider, à épauler, à écouter autrui.
Qu'est-ce qui constitue un frein à l'accès à ces services ? La citation nous disant que le suicide résulte d'un non choix, cela veut dire que ces personnes en souffrance n'ont pas trouvé l'aide adaptée. Pourtant nous constatons que nous avons la chance d'avoir des structures auxquelles nous pouvons faire appel. Mais alors qu'est-ce qui empêche un individu à prendre son téléphone et de composer le numéro ? Ou encore de se déplacer dans un des lieux d'assistance ?
Une des raisons est que lorsqu'une personne est sur le point de passer à l'acte, celle-ci n'éprouve pas que de la souffrance, mais également une terrible difficulté à aller chercher de l'aide. En effet lors d'une crise, tout le reste est oblitéré. Quand nous avons besoin d'aide, il faut avoir la capacité de la reconnaître et de savoir comment et où la trouver. Cependant, lorsque la souffrance et telle que nous ne voyons quelle, nous ne pouvons pas aller chercher l'aide dont nous avons besoin. Effectivement, tout le monde n'a pas les numéros d'appel sur son frigidaire ou à coté de son téléphone, nous n'avons pas l'adresse d'une association ou de l'hôpital dans notre poche du jeans donc si nous allons mal, nous n'aurons pas l'énergie de chercher ces informations.
Alors, comment aider à ce niveau là les personnes ? Afin que les personnes en crise suicidaire puissent avoir accès à des moyens d'aide, il faut pouvoir les guider vers ceux-ci. Pour ce faire, la famille, les amis, les collègues, ainsi que les différents professionnels du terrain (assistants sociaux, éducateurs sociaux, médecins, ...) peuvent être des initiateurs du mouvement pour qu'ils se fassent aider.
Une seconde raison à la difficulté de faire appel à ces services est la peur du jugement. Ayant une image négative du suicide (qui reste un sujet tabou), nous portons un jugement tout autant négatif sur les personnes qui font des tentatives de suicide. Nous les jugeons faible, nous jugeons qu'ils n'ont pas la volonté de se battre, nous jugeons que leur choix est une fuite facile, nous jugeons encore que leur acte est un acte de faiblesse.
Pouvons-nous à l'heure actuelle, changer les mentalités ? De plus comme vous avez pu le lire aux pages précédentes, la religion elle-même condamne cet acte, la loi la condamne dans certains pays également. Il faudrait pouvoir mieux informer la population afin de rendre ce sujet plus libre de discussion. Cependant, qui dit que tout le monde lira ou écoutera ces informations ? Le jugement ne disparaîtra sans doute pas pour autant.
Le jugement principal est lié à l'état de faiblesse dans lequel la personne se retrouve et par la suite c'est la faiblesse de l'acte qui est mise en avant. Quel rôle la société joue dans ce sentiment de faiblesse ? Comment demander à autrui de nous ramener sur le chemin sans se sentir jugé ? Ceci n'est pas facile dans une société où on nous en demande de plus en plus avec de moins en moins de moyens. Nous devons agir plus vite, nous devons être en bonne santé et au cas ou, nous ne le sommes pas, nous devons guérir au plus vite.
En effet, la norme voudrait que nous soyons tous fort face aux événements de la vie. Hors nous sommes tous différents nous réagissons donc tous avec notre propre sensibilité. Nous entendons parfois des réflexions telles que : " Ne te plaint pas y a des gens qui vont plus mal que toi sur terre ". Qui sont ces personnes pour juger que quelqu'un n'a pas à dire qu'elle souffre ? La souffrance est légitime. Certes il y a des gens qui ont d'autres souffrances plus graves, mais ceci ne minimise en rien la souffrance que nous pouvons éprouver.
Là encore l'incompréhension de ce geste pose problème, si nous ne pouvons pas concevoir que quelqu'un est prêt à mettre fin à sa vie car il ne voit aucune autre possibilité, nous ne lui serons pas d'un grand secours, alors que si nous faisons preuve de bon sens en accueillant de " cri " de détresse, nous pouvons donc guider la personne auprès de l'aide dont elle a besoin.
Il est important d'accueillir la personne et de même sa souffrance. En accueillant cette dernière, nous permettons à l'autre de commencer un chemin vers l'aide que nous pouvons lui apporter. Nous ne pouvons pas aider quelqu'un si nous n'accueillons pas sa souffrance.
La prévention de l'acte suicidaire implique effectivement d'écouter la souffrance " déposée " par la personne en créant un climat d'empathie et de confidentialité afin d'éviter de courir le risque élevé, de l'exposer à un passage à l'acte plus explicite.